lundi 28 décembre 2009

Grand Paris : les recompositions territoriales se précisent


Petit à petit... le scénario d'une gouvernance "multipolaire" de la métropole parisienne s'esquisse. Il s'agit de structurer de grandes communautés d'agglomération autour de la Ville de Paris (voir la position de l'AdCF). Les recompositions territoriales seront intercommunales ou ne seront pas. Voici donc le projet Grand Paris Seine Ouest, en attendant la grande communauté d'agglomération autour de Montreuil (400 000 hab). D'ailleurs, n'est-ce pas le seul "Plan B" après le rejet par les élus franciliens du scénario Dallier-Balladur?
> A voir :
Arc de Seine et Val de Seine s'unissent

dimanche 20 décembre 2009

50 parlementaires soutiennent le collectif national des jeunes urbanistes mais...

Alors que la liste des soutiens politiques au collectif national des jeunes urbanistes s'allonge de jours en jours et que la mobilisation pour l'accès des urbanistes diplômés de l'université au concours d'ingénieur territorial s'intensifie, le Ministère de la fonction publique ne semble pas disposé à rectifier le tir. Du moins pour l'instant, si l'on prend acte de la réponse de la Ministre de l'Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, à une question orale posée le 15 décembre dernier par la Sénatrice de la Corrèze Bernadette Bourzai.
Au nom du Ministre chargé de la fonction publique, Marie-Luce Penchard a défendu les décrets en vigueur en mobilisant un argumentaire surprenant : les diplômés en urbanisme issus de l'université sont logiquement réorientés vers la filière administrative et le grade d'attaché territorial car leur profil est "généraliste" alors qu'à ses yeux la dimension "transversale" du métier n'est incarné que par des profils issus de formations "techniques et scientifique" ne relevant pas des sciences humaines. Une compartimentation de bon sens : à l'heure du Grenelle de l'Environnement, segmentons les univers professionnels ! "L'ingénieur-spécialiste", errigé par l'Etat sur un piedestal, va décloisonner l'action publique. Lui-seul et ses prédispositions "technico-scientifiques" peuvent faire oeuvre de transversalité. Et par ailleurs, vous savez quoi? Les sciences sociales ne sont pas des sciences ! Donc, chacun chez soi! Belle preuve de transversalité. Un argumentaire que la Sénatrice Bourzai qualifie de "byzantin"...
Et puis, pour le Ministère de la fonction publique, ce distinguo répond bien aux besoins des collectivités locales et des élus. C'est vrai, après tout : seulement 200 élus locaux et 50 parlementaires demandent la réécriture des décrets de 2002 et 2007 afin de restaurer les conditions d'accès aux urbanistes diplômés de l'université.

samedi 19 décembre 2009

La complexité territoriale des Etats-Unis

Il est de bon ton de dire que le système territorial et politico-administratif français est touffu, illisible, complexe, ingouvernable. C'est vrai. Mais avec ses municipalités, ses comtés, ses villes-comtés et ses districts, l’organisation territoriale américaine n’a sans doute rien à envier à la nôtre pour ce qui est de sa complexité. Un décryptage de David Le Bras et de Katia Paulin, pour le journal Intercommunalités, paru en août 2008.

dimanche 13 décembre 2009

A lire dans la revue Urbanisme

A lire dans le dernier numéro de la revue Urbanisme :
- un dossier sur les villes méditerranéennes;
- une tribune du collectif national des jeunes urbanistes intitulée clairement "Une discrimination qui doit cesser";
- et un point de vue assez engagé de Frédéric Leonhardt mettant en opposition la "Matrix City" des ingénieurs transports à la mode "Christian Blanc" et la "métropole fédérée"... Intéressant même si on a encore du mal à voir à quoi pourrait ressembler le gouvernement "fédéré" de la métropole (ce qu'on appelle communément la gouvernance locale). N'en déplaise aux tenants de l'inter-territorialité (concept qui fait travailler beaucoup de consultants en développement territorial), on reste encore dans l'incantation... Bref, il manque toujours un ou des opérateurs urbains bien identifiés par le citoyen et capables de se hisser à la hauteur des forces du marché et des grands réseaux techniques. Et comme la réforme territoriale ne dira rien sur l'Île-de-France et le Grand Paris...

mardi 1 décembre 2009

"Quand le pouvoir politique local est fort, les gares restent au centre-ville..."

Dans le prolongement des débats sur le tracé de la LGV PACA, je signale cette Interview de Dominique Musslin, Vice-président de la Société Française des Urbanistes, extraite d'un dossier de Midi Libre paru ce samedi 28 novembre sur le sujet du contournement à grande vitesse de Nîmes et de Montpellier.
On aurait pu penser que le choix judicieux du tracé des métropoles allait faire jurisprudence de l'autre côté du Rhône, en Languedoc. Il n'en est rien : il faudra encore et toujours argumenter et convaincre en faveur de vrais gares (urbaines) et batailler contre ces nouveaux "aéroports-SNCF", contre ces immenses parkings dont la localisation périphérique (Manduel est située à la 10km de Nîmes)
génère des impacts environnementaux extrêmement néfastes (artificialisation des sols et consommation des terres agricoles, génération de déplacements automobiles) et ne prédétermine aucune logique de développement économique local. Notre propos d'urbaniste, qui n'engage que nous, je tiens à le préciser, n'est pas de dire qu'il faut interdire à jamais la construction de nouvelles gares mais davantage réfléchir à leur localisation : Euralille a été construite à 400 m de Lille Flandre et le site de la future gare TGV de Montpellier Odysseum, déjà desservi par le tramway, devrait être un vrai quartier de vie lorsque la grande vitesse atteindra les bords du Lez.
Si la collectivité publique ne souhaite pas s'engager dans ce type de dépenses d'infrastructures et d'équipements (on parle de plus de 90 millions d'euros pour la gare de Manduel et combien encore de millions d'euros d'investissements et de charges d'exploitation pour la desservir convenablement en transports collectifs?), elle peut toujours faire le choix d'agrandir les anciennes gares dans une logique de redynamisation urbaine et d'émergence de nouvelles fonctionnalités multi/intermodales, comme à Lyon Perrache, par exemple (une gare qui a pleinement retrouvé sa fonction de pôle de centralité à l'échelle d'un quartier en devenir : "la confluence")
. Ce n'est pourtant pas le foncier qui manquait derrière la gare historique de Nîmes...



Midi Libre : Les gares nouvelles en site propre ont-elles toujours le vent en poupe ?
Dominique Musslin : Quand le pouvoir politique local est fort, les gares restent au centre-ville. Dès qu'il est faible, il y a des gares nouvelles. Les élus se battant pour le rayonnement de leur ville imposent à la SNCF, comme aujourd'hui à Rouen, de faire passer le TGV en ville. A Bordeaux, la gare historique va booster la cité. Il y a de plus en plus d'exemples très réussis qui le montrent : Lille, Marseille Saint-Charles, Lyon Pardieu... En revanche, il n'y a aucun exemple de gare nouvelle qui soit une réussite. Car à quoi sert de faire rouler des trains à 300 km/h pour les faire arrêter nulle part ?

Mais la gare TGV d'Avignon fait pourtant le plein !
Peut-être mais le ratage est total, c'est un parking gigantesque. Dans une gare traditionnelle TGV-TER, un tiers des passagers montant dans le TGV arrive en TER. Aujourd'hui, dans l'étude d'impact de la ligne nouvelle en Languedoc-Roussillon, on parle d'un sur dix, et on considère que ce serait déjà une réussite ! C'est à l'opposé du développement durable et du maillage du territoire. On a privilégié le geste architectural, l'étalement urbain et le plaisir d'inaugurer au détriment du fonctionnel. Une étude de la chambre régionale de commerce Paca montre que 8 TGV sur 10 continueraient à passer en ville. Pourquoi ? Parce que les vaches ne prennent pas les trains, et qu'il faut les remplir. La France est le seul pays européen à créer des gares en périphérie.

Le projet de gare à Manduel vous semble donc être un mauvais projet ?
Les élus se sont fait balader. La SNCF leur ment quand elle prétend qu'un TGV va trop vite pour s'arrêter en ville. C'est faux car il y a un temps incompressible de ralentissement et d'accélération pour un TGV lancé à pleine vitesse. Il est le même, que le TGV s'arrête à Nîmes ou à Manduel. Pour ce qui est de créer du développement économique, le leurre est total. Une gare TGV n'est pas un aéroport et il n'y en a pas une seule qui ait généré un pôle d'activités. Même pas à Avignon, alors qu'elle est plutôt en ville. A Manduel, ça ne va leur rapporter que des ennuis et plein de voitures en plus. Et quand tous les TGV empruntent les voies périphériques, ça fait inévitablement revenir les trains de marchandise en ville !

samedi 14 novembre 2009

Les mobilités dans le Grand Paris : fracture sociale et disparités territoriales

Je ne peux que recommander la lecture de cet article inédit de Marc Endeweld paru hier dans l'édition Internet du Monde diplomatique, en complément de sa remarquable enquête sur Roissy (à la une du numéro de novembre du Monde diplomatique).
Intitulé "La fracture sociale de la mobilité", son papier traite des enjeux d'accessibilité aux pôles d'emploi de la région Île-de-France et questionne la pertinence des politiques de transports focalisées sur les nouvelles infrastructures et la vitesse (solution actuellement privilégiée par Christian Blanc). La dialectique du "faire ville" ou du "faire vite" est bien posée. Car la vraie question est bien celle de la fonctionnalité urbaine que l'on veut faire jouer au système de transport.
Particulièrement bien renseigné, l'article s'appuie sur de solides références et notamment sur l'expertise de l'Institut d'Urbanisme de Paris (Jean-Pierre Orfeuil, Sandrine Wenglenski, Laurent Davezies) et d'urbanistes spécialistes de la mobilité (Marc Wiel, Esther Dubois).

Voir l'article : http://www.monde-diplomatique.fr/2009/11/ENDEWELD/18497

mercredi 11 novembre 2009

Cohésion sociale et territoriale : quels enjeux en Île-de-France ?

A l'agenda, notez cet atelier de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Île-de-France (IAU-IDF), organisé en partenariat avec l'AdCF.

Dans un contexte très incertain sur le plan institutionnel et fiscal, l’AdCF et l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de la Région Île-de-France (IAU-IDF) ont souhaité s’associer pour apprécier le rôle exercé par les communautés dans la prise en charge des enjeux de la cohésion sociale et territoriale, dont on connaît toute l’acuité en Île-de-France.
Comment les communautés franciliennes participent-elles aux efforts engagés contre les décrochages sociaux et urbains ? De quelle façon prennent-elles en main leurs compétences en matière de politique de la ville et s’engagent-elles en faveur des programmes de rénovation urbaine? Comment travaillent-elles au quotidien avec les communes?
Quels sont in fine les apports des communautés dans le concert des politiques sociales et urbaines ? Quels regards leurs partenaires, la Région notamment, portent-ils sur leurs actions ? Parviennent-elles à mettre en résonance les politiques sectorielles, dans le cadre de projets de territoires solidaires ? Quels bénéfices les populations locales, notamment les plus fragiles d’entre elles, peuvent-elles en tirer?
L’AdCF et l’IAU-IDF invitent les décideurs (élus et techniciens) communautaires de la politique de la ville, du renouvellement urbain et des politiques sociales à débattre de ces questions à l’occasion d’un atelier organisé le 24 novembre prochain à Paris (9h-13h).

samedi 7 novembre 2009

Les friches industrielles, un potentiel foncier pour la ville











Je signale un petite synthèse produite par Audrey Denise et Marie Hubert, étudiantes de l'Institut d'Urbanisme de Paris, sur "Les friches industrielles, un potentiel foncier pour la ville: essai de classification dans le département des Yvelines".

Ce document synthétise une étude réalisée pour le compte de l'Etablissement Public Foncier des Yvelines par cinq étudiants de l'Institut d'Urbanisme de Paris, en Master 2ème année Urbanisme et territoires, parcours « Stratégies foncières et urbanisation » et sous la responsabilité de Luc Vasselin et Sonia Guelton. A travers ce document, seront avancées quelques pistes de réflexions portant sur la mise en place d'un outil de traitement et de veille de friches significatives à l'échelle d'un département. Identifier les friches sous entend en donner une définition explicite commune présentée dans la première partie. La seconde partie démontre la diversité des approches développées pour repérer et caractériser ces espaces et en souligne les limites. Elle ouvre la voie vers des propositions méthodologiques. La troisième partie souligne, en conclusion, les contraintes de la reconversion qui s'imposent dans la mise en évidence de l'intérêt de la friche.

> Télécharger le document de synthèse

mercredi 4 novembre 2009

Soutenue par les élus, la profession interpelle le gouvernement


L'affaire de l'accès des urbanistes diplômés de l'université au concours d'ingénieur territorial prend désormais une dimension politique.

Le Collectif National des Jeunes Urbanistes a adressé sa lettre ouverte "N'évinçons pas les urbanistes de nos collectivités locales" mercredi 28 octobre à Valérie PECRESSE, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à monsieur Eric WOERTH, Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat et à monsieur Alain MARLEIX, Secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales.

Cette lettre a recueilli le soutien des Présidents de l'Assemblée des Communautés de France (AdCF) et de l'Association des Maires de France (AMF), de 4 ministres ou anciens ministres, de 8 maires de villes de plus de 100 000 habitants, des présidents de l'ANRU, de l'ANAH et de l'USH, de plusieurs dizaines de parlementaires, de nombreux élus régionaux, départementaux et locaux... Ces soutiens politiques attestent de la légitimité de la revendication.

La mobilisation est donc à la hauteur des enjeux. Les élus locaux et nationaux soutiennent la démarche du CNJU et appellent, avec lui, le gouvernement à réécrire les décrets de 2002 et 2007 afin de rétablir dès 2010 l'accès au concours d'ingénieur territorial aux diplômés en urbanisme. Désormais, le CNFPT, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale et la Direction Générale des Collectivités Locales sont "au pied du mur" et devraient être appelés par leurs ministères de tutelle respectifs à travailler à une sortie de crise.

Mais la pression reste forte sur la direction des concours du CNFPT, qui devrait sans doute infléchir sa position dans la perspective de la session 2010 du concours d'ingénieur territorial. Le président du CNFPT, François Deluga, député de la Gironde, ne peut que prendre acte des nombreuses questions écrites adressées par les parlementaires au gouvernement (voir ses propos récents dans le dossier de presse ci-après). Bref, le statut quo n'est plus tenable.




lundi 2 novembre 2009

Grand Paris : l'expertise de l'Institut d'Urbanisme de Paris

L'Institut d'Urbanisme de Paris a inauguré le mardi 27 octobre 2009 "les mardis de l'université" par un sujet d'actualité qui a mobilisé son expertise : "Les enjeux du Grand Paris".

Le débat sur l'avenir de la région parisienne est relancé depuis 2007 par l'énoncé de l'ambition de construire un « Grand Paris ».
L'Institut d'Urbanisme de Paris et le Lab'Urba contribuent à la démarche dans les différents lieux de réflexion qui ont été mis en place, tant au sein de la Région Ile-de-France, qu'avec les architectes et chercheurs retenus dans le cadre de la vaste consultation lancée par le Président de la République avec le ministère de la Culture. La conférence du 27 octobre a été l'occasion de présenter les principaux enjeux du Grand Paris et de soumettre au débat les contributions du Lab'Urba.

Elle a été animée par trois professeurs de l'IUP : Daniel Béhar, Jean-Claude Driant et Jean-Pierre Orfeuil.

Retrouvez les supports présentés lors cette conférence :

- Une brève histoire du Grand Paris - Jean-Pierre Orfeuil

dimanche 1 novembre 2009

Rungis : une plate-forme logistique globale



























La sortie était organisée par l'association Urba+, le réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris.











Le MIN de Rungis est le plus grand marché de produits frais au monde et constitue à ce titre un équipement majeur de la métropole parisienne. Avec une superficie de 232 ha et plus de 727 000m² couverts, dont 470 000 m² de bâtiments à usage commercial, le MIN de Rungis est une véritable ville dans la ville et dessert aujourd'hui plus de 18 millions de consommateurs européens dont 12 millions dans un rayon de 150 Kms autour de Paris, soit un français sur cinq.

Pour prendre pleinement la mesure du poids économique de Rungis (12 000 employés, plus de 7,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour les entreprises du marché, dont près de 5,4 milliards pour les grossistes), lire le rapport d'activité suivant: http://www.rungisinternational.com/documents/fr/Rapport_Marche_2008.pdf

40 ans après son ouverture officielle, le MIN de Rungis doit aujourd'hui faire face à de profondes mutations. L'entrée récente du Groupe Altarea (foncière spécialisée dans les centres commerciaux) au capital de la société Semmaris, gestionnaire du MIN, n'a rien d'anodin et pourrait se traduire assez vite par une réorientation de la stratégie du MIN, notamment sur le plan de la mutabilité foncière.

samedi 31 octobre 2009

Qui gouverne Roissy?


Dans le prolongement de la réflexion lancée par un collègue urbaniste, je recommande la lecture de l'article de Marc Endeweld, "Dans les rouages d'un grand aéroport", paru dans l'édition du mois de novembre du Monde Diplomatique. Un dossier complémentaire disponible sur le site Internet du mensuel est particulièrement éclairant sur le décalage immense entre les ambitions mondiales et démesurées portées actuellement par quelques grands lobbies de la technostructure étatique pour la plate-forme aéroportuaire de Roissy-Charles De Gaulle et le déficit institutionnel dans le domaine de l'organisation politique de ce bassin d'emploi majeur pour la métropole parisienne. Comme le dit Paul Virilio dans son livre "Ville panique", nous sommes décidément rentrés dans l'ère du "terrorisme métropolitique où la perte d'importance de l'étendue territoriale des nations se trouve compensée par la masse critique de ces concentrations mégapolitaines que nul ne gouverne vraiment".



Résumé de l'article :


"Dans la course à la mobilité des passagers et des marchandises, les aéroports occupent une place centrale. Comme les ports maritimes, les nœuds ferroviaires et les complexes autoroutiers, ils participent de la mécanique de la mondialisation. Mais, derrière les façades rutilantes et les architectures de pointe, des rouages souterrains actionnés par des milliers d’employés tournent pour assurer la continuité du flux. Comme à Roissy - Charles-de-Gaulle, en France, où intervention des pouvoirs publics et intérêts des compagnies aériennes privées ont poussé au gigantisme des installations. Là s’entrecroisent en effet appétits économiques, enjeux stratégiques (le contrôle des frontières, la sécurité, l’environnement) et... prestige des Etats. Le trafic des passagers connaissait une progression régulière, mais la crise a rattrapé ce secteur. L’Association des compagnies aériennes européennes (AEA) estime que, à la fin 2009, ses membres auront supprimé cent mille emplois directs et indirects en douze mois. Comment concilier travail, qualité de vie des riverains et développement territorial sans remettre en cause l’extension démesurée des aéroports internationaux ?"

Par Marc Endeweld

mercredi 28 octobre 2009

Projet de loi de réforme des collectivités territoriales : analyse et réactions de l'AdCF

Loin des polémiques sur le conseiller territorial qui agitent actuellement la classe politique française, concentrons-nous sur l'essentiel de la réforme de nos institutions locales : l'intercommunalité.

Une note d'analyse et de réactions de l'AdCF passe en revue les dispositions du projet de loi sur ce volet. Il est possible de la télécharger ici.

dimanche 18 octobre 2009

A chacun son métier

Soyons clair : les urbanistes ne veulent pas se substituer aux professions dites "techniques" mais souhaitent pleinement assumer leur rôle de coordination et de mise en cohérence des politiques sectorielles des collectivités locales (habitat/logement, transports/mobilités, développement économique). Cette exigence est aujourd'hui confortée par la montée en puissance d'une intercommunalité généraliste et polyvalente mais aussi par la mise en oeuvre locale du Grenelle de l'Environnement. Cette nouvelle donne invite les acteurs publics locaux à repenser la transversalité des politiques publiques, notamment par la cohérence territoriale de l'urbanisme.
Pour répondre à ce défi, les urbanistes mobilisent des compétences de diagnostic, d'analyse urbaine et de prospective territoriale. En professionnels avisés et intègres, ils tiennent à ce que leurs actions et leurs missions soient l'expression et la traduction du projet politique des élus. Ce projet politique doit répondre avant toute chose aux attentes des citoyens de nos collectivités et des usagers de nos villes. Ils ont, à ce titre, un rôle d'aide à la décision politique. Cette fonction est fondamentale, l'urbanisme étant avant tout une politique publique. Les compétences des urbanistes dans le domaine de l'animation et de la conduite projets urbains et territoriaux dépassent donc la stricte application de normes techniques et juridiques qui n'ont jamais fait, à elles seules, des projets de qualité.

samedi 17 octobre 2009

L'aéroport, comment en faire autre chose qu'une infrastructure "hors-sol"? Un urbaniste pose le problème

















Depuis les années 1960, les infrastructures aéroportuaires exercent une emprise considérable et croissante sur les territoires. Pourtant, à l'instar des "gares TGV betteraves" de la SNCF et de RFF, ces équipements ne s'inscrivent que très peu dans le projet territorial des collectivités et des villes. Objet "a-territorial" par excellence, l'aéroport pourra t-il encore rester longtemps à la marge des réflexions sur la planification de l'urbanisme? Un urbaniste pose le problème.

lundi 12 octobre 2009

Empowerment - 2ème étape : le temps de la mobilisation








Le Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU) est un regroupement indépendant de 11 associations d’étudiants et diplômés en urbanisme et aménagement du territoire. Il s’est constitué dans le but de mobiliser la communauté professionnelle de l’urbanisme en faveur de l’accès des diplômés en urbanisme au concours d’ingénieur territorial de la fonction publique. Urba+/réseau de l’Institut d’Urbanisme de Paris, qui en est un des membres fondateurs, appuie sans réserve les actions du CNJU.


En seulement 15 jours, la lettre ouverte adressée par le CNJU au Ministre de la Fonction publique et à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, intitulée "N’évinçons pas les urbanistes de nos collectivités territoriales !", a été signée par plus de 2000 personnes.

Au delà des Instituts d’Urbanisme en France (Paris, Lille, Lyon, Aix, Bordeaux, Grenoble, Reims, Sorbonne, IFU, etc.) et des associations professionnelles (CFDU, SFU, UT), le CNJU enregistre d’ores et déjà le soutien d’élus locaux et de parlementaires issus de diverses sensibilités politiques. Les députés François Lamy, Yvan Lachaud et Jean-Pierre Grand ont ainsi adressé des courriers et questions écrites à l’attention du secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales Alain Marleix et du Ministre chargé de la Fonction publique, Eric Woerth.

De son côté, l’association Urba+, représentée par son vice-président, François Favard, urbaniste au conseil général du Val de Marne (et ingénieur territorial titulaire), a participé au colloque national de l’ENACT organisé les 8 et 9 octobre derniers à Paris sur l’exercice des métiers de l’urbanisme au sein des collectivités locales.

A cette occasion, François Favard a présenté les résultats de l’enquête conduite par Urba+ cet été auprès des diplômés de l’Institut d’Urbanisme de Paris exerçant en collectivités locales. Urba+ a recueilli 65 réponses sur 130 personnes (inscrites dans annuaire de l’IUP) exerçant dans les collectivités locales (soit un taux de réponse de 50%). 87% d’entre eux déclarent exercer dans le domaine de l’urbanisme et plus de 90% exercent leur profession en étant titulaire du concours d’ingénieur territorial. Le sondage révèle aussi que les trois quarts des personnes de l’échantillon sont lauréates du concours depuis moins de 5 ans et ont réussi leur insertion dans les collectivités locales. Plus d’un tiers de ces personnes occupent des fonctions d’encadrement (chef de service, directeur, directeur général) et 20% pilotent des projets au sein des collectivités. Tirant les enseignements de cette enquête, François Favard a donc rappelé qu’en l’état actuel du régime statutaire de la fonction publique territoriale, le grade d’ingénieur territorial était le seul permettant d’exercer toute la palette de métiers de l’urbaniste au sein de nos collectivités locales. L’association Urba+ communiquera très prochainement les résultats détaillés de l’enquête.

De son côté, Francis Cuillier, président du Conseil français des urbanistes (CFDU) et soutien du collectif, a déclaré lors du colloque du CNFPT que :

- "un moratoire visant à restaurer dès 2010 les conditions d’accès au concours d’ingénieur territorial pour les diplômés en urbanisme s’imposait" ; car il n’était "pas admissible que les urbanistes formés à l’université ne puissent pas avoir accès aux postes d’encadrement de la la fonction publique". Et pour cause : la dernière enquête réalisée en 2009 par le pôle urbanisme de l’ENACT montre que ces fonctions et missions sont assurées dans plus de 50% des cas par des urbanistes issus de l’université.

- "une remise en perspective sur la profession d’urbaniste et de ses métiers devait être entreprise et finalisée dans les trois années à venir".

Représentant la Société Française des Urbanistes en tant que vice-président chargé de l’emploi et de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, Dominique Musslin s’est félicité "du rôle fédérateur joué par les jeunes urbanistes du collectif et de l’appui qu’ils ont trouvé dans une profession jusqu’à lors très divisée". (voir son blog)

Pour en savoir plus :

http://www.acces-urbanistes-fpt.fr

samedi 10 octobre 2009

La République à deux vitesses


Alors que les diplômés en urbanisme de l'université se battent actuellement pour exercer leur métier dans nos collectivités locales (voir http://www.acces-urbanistes-fpt.fr/), on apprend que Jean Sarkozy, 23 ans et sans compétence particulière, est candidat à la présidence de l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense, 1er quartier d'affaires européen. Cette structure, pilotée par l'Etat et le Conseil général des Hauts-de-Seine, est sans aucun doute l'acteur de l'aménagement le plus puissant en Europe. Nous voilà revenu au temps des Borgia...





"Créé en 1958 pour une durée de trente ans puis prolongé dans ses fonctions à différentes reprises, l'EPAD (Etablissement pour l'Aménagement de la Région de la Défense) a pour vocation d'aménager pour le compte de l'Etat et des collectivités locales concernées le site de La Défense, un espace de 160 hectares à l'Ouest de la capitale destiné à accueillir l'actuel premier quartier d'affaires européen. Etablissement public à caractère industriel et commercial, l'EPAD doit effectuer les études préliminaires d'urbanisme, réaliser au fur et à mesure de l'évolution du site les travaux d'infrastructure indispensables, puis vendre aux investisseurs un droit de construire qui constitue sa seule ressource financière.


L'EPAD poursuit en sus de ces activités premières, une collaboration étroite avec les collectivités locales, essentiellement le Conseil Général des Hauts-de-Seine, les municipalités de Courbevoie et de Puteaux, afin de gérer au mieux les intérêts quotidiens des 150 000 personnes travaillant à La Défense et de ses 20 000 résidents.
L'EPAD est régi par un conseil d'administration paritaire puisqu'il est composé à la fois de représentants des ministères de tutelle et de représentants des collectivités locales.

Patrick Devedjian (était) Président du Conseil d'Administration de l'EPAD depuis septembre 2007." Source : EPAD / http://www.ladefense.fr/epad_etablissement.php

Ne parlons même pas du projet de loi sur le Grand Paris présenté cette semaine en conseil des ministres qui s'apparente à une brutale recentralisation.


samedi 26 septembre 2009

Je persiste et je signe.




N’évinçons pas les urbanistes de nos collectivités territoriales !

Lettre ouverte au Ministre de la Fonction publique et à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche



Il y a 10 ans, l’Etat reconnaissait la profession d’urbaniste, en participant à la mise en place de l'Office Professionnel de Qualification des Urbanistes. Il y a 10 ans, l'État reconnaissait le fait urbain, à travers la loi sur le renforcement de la coopération intercommunale et la mise en chantier de la loi SRU.

Cette coïncidence n’a rien de fortuit. Le rôle que jouent désormais les urbanistes dans les villes et les agglomérations est devenu déterminant car ils apportent un savoir-faire transversal en phase avec les besoins de notre époque. On compte aujourd’hui environ 1500 professionnels de l'analyse et de la prospective territoriales, du renouvellement urbain et de la gestion des opérations de la politique de la ville, du pilotage et de la conduite de projets exerçant dans nos collectivités ; et grand nombre d’entre eux sont issus de formations universitaires.

Au moment où la loi portant engagement national pour l'environnement (dite "Grenelle 2") s'apprête à repenser la cohérence territoriale de l'urbanisme, nous estimons nécessaire que les urbanistes jouent un rôle accru en matière d’assistance à l’élaboration des politiques publiques au sein des collectivités locales.

Mais l'entrée en application récente d'un décret (n°2007-196 du 13 février 2007) vient bousculer ces évidences en barrant l'accès des urbanistes diplômés de l’enseignement universitaire au concours d’ingénieur territorial (mention urbanisme). Sous prétexte que les urbanistes formés à l’université n’auraient pas la qualification scientifique et technique nécessaire ! Les impacts de l'entrée en vigueur de ce décret sont considérables : avant l'été, 1600 diplômés en urbanisme et aménagement du territoire ont reçu un courrier du CNFPT leur indiquant que leur cursus universitaire ne leur permettait pas de se présenter au concours.

Nous, élus locaux, urbanistes professionnels et universitaires, contestons à la fois cette lecture rigide des savoirs et une atteinte au principe de libre administration des collectivités territoriales : l'urbanisme n'est pas une science ou une technique d'État, c'est une politique publique décentralisée.


Nous jugeons ce décret absurde et contraire aux intérêts des collectivités locales : nous en demandons la réécriture.

Nous demandons à ce que dès 2010 les urbanistes formés par l’université au sein des instituts d’urbanisme puissent à nouveau voir leurs diplômes reconnus et se présenter au concours d’ingénieur de la fonction publique territoriale.

Contact :
Collectif National des Jeunes Urbanistes

Le Collectif National des Jeunes Urbanistes est un regroupement indépendant d'associations d'étudiants et diplômés en urbanisme et aménagement du territoire. Il s'est constitué dans le but de mobiliser la communauté professionnelle de l'urbanisme en faveur de l'accès des diplômés en urbanisme au concours d'ingénieur territorial de la fonction publique.


mardi 22 septembre 2009

Une plate-forme pour mobiliser les urbanistes

Je signale la mise en ligne d'un site Internet ayant pour but de mobiliser les urbanistes (et plus largement les décideurs territoriaux) sur un dossier d'actualité sensible, dont les répercussions et les enjeux sont considérables pour les collectivités territoriales : l'accès des diplômés en urbanisme issus de l'université au concours d'ingénieur territorial.



Cette plate-forme web a été constituée par un diplômé du Master d’Urbanisme de Paris 1, Baptiste Danel. En voici le nom de domaine :

L'initiative est salutaire. Les internautes pourront y retrouver toutes pièces du dossier...

Par ailleurs, l’association des étudiants et diplômés de l’Institut d’urbanisme d’Aix-en-Provence, Urba Voc', s’est organisée de façon efficace : elle est en mesure de déposer un recours collectif pour ceux que le CNFPT a "jeté" en leur adressant une fin de non-recevoir à leur demande de recours gracieux. Ses coordonnées : iuar.asso@gmail.com

La Société Française des Urbanistes (SFU), dont je suis administrateur, soutient la démarche.